Les approches relationnelles dans un monde en mutation autour de la pensée politique et morale de Martha Nussbaum , 15e colloque annuel du GEI

Groupe d’étude sur l’intersubjectivité (GEI)
15e Colloque Annuel
Les approches relationnelles dans un monde en mutation
autour de la pensée politique et morale de Martha Nussbaum
avec Nadine Gueydan, M. Ps.
et les panélistes François Chanel, M.Ps., Annette Richard, M.Ps., Jorge Vasco, M.Ed. 

Depuis une cinquantaine d’années, la psychologie dans son ensemble effectue une progressive prise en compte de l’environnement. Le regard intrapsychique des débuts de la psychanalyse a progressivement cédé le pas à une conception coconstruite du psychisme, dans laquelle la notion de contexte se greffe à celle du soi en l’élargissant et la complexifiant. Pionniers de cette tendance, les tenants de l’approche intersubjective vont plus loin : ils s’intéressent aujourd’hui aux effets sur la personne humaine de la pauvreté, du racisme, de l’immigration, des changements climatiques et s’interrogent sur les enjeux sociopolitiques correspondants. Qu’on le perçoive ou non, le malaise grandissant de nos sociétés contemporaines imprègne l’espace thérapeutique. Ne pas le reconnaître, c’est y contribuer en passant sous silence des sources importantes de souffrance.

Comment, sans prétendre les résoudre, la psychologie envisage-t-elle de se situer par rapport aux problèmes fondamentaux auxquels l’humanité est aujourd’hui confrontée ? Sous quelles formes ces nouvelles avenues d’exploration peuvent-elles enrichir nos théorisations et ajouter à nos interventions en psychothérapie ? Ouvrons-nous suffisamment notre écoute à l’impact sur nos patients et sur nous-mêmes des projections accablantes concernant l’avenir de l’humanité? Ou encore à celui des inégalités sociales, des idéologies dominantes telles que l’individualisme et le néolibéralisme ? Si oui, comment? Si non, pourquoi?

La diffusion rapide des connaissances et son effet décloisonnant sur les différentes disciplines maximisent leur interpénétration et fertilisation mutuelles. Martha Nussbaum, penseure morale et politique de notre temps, a élaboré une théorie de la justice sociale qui embrasse certains principes chers à la psychologie relationnelle : le dialogue comme moyen, l’altérité comme fondement et l’humanisation comme horizon. Elle signe avec ses prédécesseurs l’avènement d’un modèle qui resitue l’être humain comme fin en soi et qui, de ce fait, préconise un remaniement des priorités gouvernementales en rapport avec les grands problèmes moraux de notre temps, tels que la violence, les inégalités et la misère engendrés par la concurrence et le profit.

Son projet à visée concrète appelle notre réflexion et notre collaboration dans la mesure où il accorde une place centrale au développement humain dans sa vision d’une société plus juste et plus viable, en même temps qu’il nous invite à tenir compte, dans l’exercice de notre métier, de ce qui du contexte social et politique entre dans nos bureaux et s’agrège au lien thérapeutique. À l’aide de la pensée de Martha Nussbaum et des réflexions et hypothèses avancées par des auteurs d’avant-garde en psychologie tels que Philip Cushman, Nancy Hollander, ou en sociologie, tels que Vincent de Gaulejac et Marie-France Hirigoyen, ou en histoire, tel que Yuval N. Harari, nous étendrons notre regard au contexte sociopolitique de notre monde en mutation dans le but de nous adapter et de mieux répondre aux nouveaux besoins de nos patients.

En matinée, Nadine Gueydan livrera un exposé sur la pensée de Martha Nussbaum et en après-midi, des panélistes provenant de divers horizons de la psychothérapie relationnelle, Annette Richard, François Chanel et Jorge Vasco commenteront et enrichiront le propos.

Objectifs d’apprentissage :

  1. Décrire quelques effets du contexte sociopolitique sur le développement humain et sur la relation thérapeutique
  2. Savoir intervenir auprès du patient dont l’angoisse, la peur ou la peine exprimées se rattachent à l’état du monde
  3. Définir les enjeux de l’interaction thérapeutique qui, à moyen terme, se répercutent sur le milieu
  4. Décrire une vision éthique du vivre-ensemble syntone avec celle de la psychothérapie relationnelle

Programme :
08h30     Inscription et petit-déjeuner continental
09h30     Ouverture du colloque par la présidente
09h45     Exposé première partie par Nadine Gueydan
10h45     Pause
11h00     Exposé deuxième partie et discussion
12h30     Lunch sur place
13h30     Panel : Annette Richard et  discussion
14h15     Panel : François Chanel et discussion
15h00     Pause
15h15     Suite du panel : Jorge Vasco et discussion
16h00     Conclusion et remerciements
16h30     Fin du colloque

Inscription en ligne et information : intersubjectivite.com

Jusqu’au              Après le
13 avril 2019          13 avril 2019
Membres du GEI :            75 $                      80 $
Non-membres :                90 $                      95 $

Ces montants incluent un lunch fourni sur place.

Comité organisateur :
Sylvie Ledoux, Monique Dubé, Jean-François Bernard et Annette Richard

Prenez note que la station de métro Beaudry étant fermée pour réfection, il est possible de marcher jusqu’au Centre St-Pierre à partir de la station Berri-UQAM (10 min.), ou de la station Papineau (9 min.). Stationnement du Centre St-Pierre au coût de 15$ (premiers arrivés, premiers servis) ou sur la rue.